LE PREMIER CONGRES DE LAFSTA A REUNI UN GRAND
NOMBRE DE SEMENCIERS AFRICAINS
Le premier congrès de lAssociation africaine du Commerce des Semences (AFSTA) tenu au Caire, du 24 au 26 mars 2001, a été un succès éclatant avec une participation de 262 délégués et invités venant de 40 pays. Ce congrès rassemblait les semenciers dAfrique, mais aussi de lEurope, des Etats-Unis, de lAustralie, de lAsie et du Moyen Orient.
Le soutien à cette nouvelle association régionale était renforcé par la présence et la participation active des représentants des organismes internationaux suivants : lUPOV, lOCDE, la FIS, lISTA, la FAO.
SESSIONS TECHNIQUES
Lassistance et la participation aux sessions techniques ont été particulièrement bonnes. Celles-ci étaient au nombre de six.
La première session sur les réglementations semencières a permis de mettre en lumière les besoins de réforme dans les pays africains, afin de réorganiser les filières aussi bien dans les domaines des catalogues de variétés, de protection de ces variétés, de contrôle et de certification des semences, et dune manière générale de libéralisation de ces filières. Le rôle essentiel des associations semencières nationales a été également souligné.
La deuxième session sur lindustrie semencière en Afrique a permis de présenter la situation dans les pays suivants : Kenya, Afrique du Sud, Egypte, Maroc, Tunisie, Madagascar, Zambie, Mauritanie, Sénégal, Nigeria, Cameroun et Zimbabwe.
La troisième session a permis de discuter des problèmes liés à la fois à la qualité des semences et à leur disponibilité, dans lobjectif de sécuriser les agriculteurs africains. Les représentants de la FAO, de lOCDE et de lICARDA ont ainsi développé la position de leur organisation sur ces problèmes.
La quatrième session a permis de faire le point sur la situation en matière de biotechnologie en Afrique et sur les implications du protocole sur la biosécurité, notamment à travers lexemple de lEgypte.
La cinquième session a permis, après une présentation de lUnion pour la Protection des Obtentions Végétales (UPOV) et des exigences générales de laccord de lOrganisation Mondiale du Commerce en matière de propriété intellectuelle, de débattre des avantages des différents systèmes de propriété. Leur relation avec les droits des communautés traditionnelles et les droits des agriculteurs, tels quils peuvent être abordés dans le cadre des négociations sur les ressources génétiques et sur la biodiversité, a été également discutée.
Enfin, la sixième session a permis de débattre des contraintes particulières que connaît le secteur privé semencier en Afrique, des moyens permettant de diminuer ces contraintes, et de lintérêt du développement de ce secteur privé pour assurer un bon approvisionnement des paysans de ces pays.
Le congrès a été clos par lorganisation de lAssemblée Générale de lAFSTA qui a notamment débattu, et adopté à lunanimité, une motion concernant les droits de propriété intellectuelle, que lon trouvera en annexe.
LAssemblée Générale a également adopté les lieux des prochains congrès et élu les membres de son Bureau
CONGRES DE LAFSTA 2002
LAssemblée Générale a adopté la proposition que lindustrie semencière du Sénégal reçoive le congrès de lAFSTA du 27 au 28 mars 2002 à Dakar
FUTURS CONGRES
- 2003 Zimbabwe
- 2004 Tunisie
- 2005 Cameroun
ELECTION DES MEMBRES DU BUREAU
LAssemblée Générale a élu les membres du Bureau comme suit:
Exerçant pour la deuxième année de leur mandat de deux ans:
- Nathaniel TUM Président (Kenya)
- Guy-Blaise SATSA Vice-Président (Cameroun)
- Samir EL-NAGGAR Président sortant (Egypte)
- Imboasalamaniaina RABENASOLO (Madagascar)
Ré-élus pour un deuxième mandat:
- Charles Price (Malawi)
- Vincent GWARAZIMBA (Zimbabwe)
- Wynand van DER WALT (Afrique du Sud)
- Getahun ALEMU (Ethiopie)
- Mouldi GHANMI (Tunisie)
Nouveaux élus au titres des membres ordinaires:
- Amadou DJIGO (Sénégal)
- Mohamed SAÏDI (Maroc)
- Adeyemi Joshua (Nigeria)
Nouveaux élus au titre des membres associés:
- Mark CONDON, ASTA (USA)
- François BURGAUD, GNIS (France)
Motion de lAFSTA sur un système sui generis efficace
pour la protection des nouvelles variétés.
LAFSTA, Association Africaine du Commerce des Semences, promeut et soutient la sélection végétale comme source de nouvelles variétés pour améliorer lapprovisionnement alimentaire et pour aider à réduire la pauvreté en Afrique.
LAFSTA considère que pour atteindre ces objectifs, en Afrique comme partout dans le monde, un accès facilité et organisé aux ressources génétique est aussi nécessaire que des droits de propriété intellectuelle.
En outre, lobtention de nouvelles variétés est une activité coûteuse qui demande des procédures efficaces de recouvrement des coûts, pour assurer la pérennité de lémergence de nouvelles variétés et de nouvelles technologies damélioration des plantes.
LUPOV a été ainsi créée pour promouvoir un tel objectif par la protection des nouvelles variétés contre les
contrefaçons. La protection des obtentions végétales de lUPOV comme système de propriété a été largement adoptée par la communauté africaine et internationale, afin de renforcer et/ou promouvoir linvestissement dans le domaine de lamélioration des plantes.
Aussi, lAFSTA apprécie les efforts actuels de lOUA pour élaborer une loi modèle africaine pour la protection des droits des communautés locales, des agriculteurs et des obtenteurs, et pour des règles daccès aux ressources phytogénétiques.
Cependant, létude par les membres de lAFSTA de cette proposition de lOUA appelle les observations suivantes:
- la proposition est probablement trop ambitieuse et, en essayant de traiter lensemble des sujets, elle complique le concept daccès aux ressources génétiques et celui de la protection de la propriété intellectuelle ;
- il ny a pas de mécanisme clair pour une protection efficace des nouvelles variétés et des nouvelles
technologies des plantes pour encourager les sélectionneurs. Par conséquent, il est douteux quelle
soit conforme à laccord ADPIC, en particulier son article 27.3.b. faisant référence à un système sui generis efficace.
- en ce qui concerne la protection des variétés, le modèle nest pas non plus
harmonisé avec la
convention UPOV. Or, plusieurs pays africains y ont adhéré ou sont en cours
dadhésion.
Ladoption du modèle tel quil est ne pourrait donc que créer une division au sein des pays africains.
Ladoption de la loi modèle de lOUA telle quelle est présentée, pourrait
constituer un frein pour :
- le développement de lindustrie semencière dans les pays africains ;
- la collaboration avec les pays africains qui ont adopté un système de protection différent ;
- linvestissement dans le développement agricole et donc la sécurité alimentaire.
LAFSTA souhaite participer aux futures discussions pour élaborer une loi modèle qui profite réellement au développement agricole en Afrique, et ce, grâce aux compétences et à lexpérience de ses membres.
Cette position est clairement conforme au mandat et aux objectifs de lAFSTA.
Motion adoptée à lunanimité à lAssemblée Générale de lAFSTA tenue au Caire le 25 mars 2001 |